START (ME) UP #2 - "NAIO TECH : LES ROBOTS AGRICOLES"

Partant du principe que les récentes méthodes d'entretien et d'optimisation des terrains agricoles ont eu un impact néfaste sur l'environnement, cette  start-up française entend changer de cap par les nouvelles technologies.
Elle conçoit des robots pour assister les agriculteurs dans leurs tâches quotidiennes. A commencer par le désherbage et le binage. Entretien sans Round Up et la tête dans les étoiles... 

Crédits photo : Tien Tran
Crédits photo : Tien Tran

ENTRETIEN AVEC Aymeric Barthès et Gaëtan Séverac, DIRECTEURS DE NAÏO TECH


Louis HAMELIN :  Naïo Technologies, c’est une start-up « made in France » qui entend faire passer l’agriculture dans l’ère de la robotisation…Quels sont les machines que vous fabriquez ?     


AB / GS : Chez Naïo Technologies, nous concevons des robots d’assistance aux agriculteurs. Notre vision première est que l’agriculture doit désormais faire face à un nouveau challenge : nourrir une population croissante avec une alimentation saine, tout en préservant l’environnement. Nos robots répondent à cet enjeu, en effectuant l’une des tâches les plus pénibles pour les agriculteurs : le désherbage. Oz pour le maraîchage, Dino pour les légumes en planches, Ted pour les vignes :  nos robots sont électriques et entièrement autonomes, grâce à un guidage laser, caméra et GPS.

 

LH  : Quel sens revêt l’innovation chez Naïo Tech ?


AB / GS :  Pour nous l’objectif est surtout de faire des machines nouvelles bien sûr (donc innovantes), mais surtout utiles pour l’agriculteur et la société au sens large (meilleures conditions de travail, meilleure qualité de la nourriture, sans perdre en quantité, respect de l’environnement.)

 

"J'espere qu'un jour, NOUS FERONS DES ROBOTS POUR ALLER CULTIVER DES LEGUMES SUR LA LUNE OU SUR MARS"


LH : On a souvent tendance à éloigner le monde agricole, très rural et ancré dans la terre (la main de l’homme qui sème) avec la mécanique intelligente. Les agriculteurs sont-ils connectés et quels sont leurs besoins ?


AB / GS  : Les agriculteurs sont historiquement à la pointe de la technologie (premiers engins à moteurs à se démocratiser sont les tracteurs, les agriculteurs sont parmi les premiers à avoir utilisé le GPS).

Aujourd’hui beaucoup sont connectés oui, ils attendent surtout de mieux comprendre ce qu’il se passe dans leur champs (données/capteur, prévision météo, outils d’aide à la décision…) pour produire mieux. Ainsi que des solutions pour améliorer leurs conditions de vie (l’agriculture est un secteur très pénible physiquement, avec énormément d’accidents de travail.)

LH :  Est-ce que ce n’est pas finalement aller vers une agriculture toujours plus déconnectée de la Terre ?

AB / GS 
: Au contraire plus de technique = nouvelles technologies bien sûr, mais aussi des nouveaux savoirs et nouvelles pratiques. C’est-à-dire plus d’agronomie, on comprend mieux la vie du sol, la génétique des plantes et leur besoins, on anticipe mieux la météo.

On gère mieux les besoins en eaux, en nutriments, les maladies et les nuisibles. Tout cela en utilisant de moins en moins de chimie.

On produit plus de nourriture (pour une population en forte croissance), mais en faisant de plus en plus attention sa qualité et à l’impact sur l’environnement.

Les technologies et les nouvelles pratiques c’est surtout des nouvelles opportunités pour progresser et s’améliorer. Sinon ça n’a pas d’intérêt en effet, la technologie n’est pas une fin en soi.

 

LH : Combien coûte un robot OZ par exemple (pour désherber) ? Comment un agriculteur peut-il le payer, le conduire et le rentabiliser ?


AB / GS 
Un robot Oz coute un peu plus de 20 000€.

Pour nos clients (maraichers diversifiés sur 2 à 10ha) c’est une machine qui s’amorti en 3 à 4 ans maximum. C’est très rentable et ça soulage la pénibilité du travail, ce qui n’a pas de prix.

Pour les financements, les banques peuvent faire des prêts comme pour du matériel professionnel classique, pas besoin d’avoir la trésorerie.

 

 
LH : C’est quand même surtout destiné aux grandes exploitations, non ?

AB / GS 
Oz est vraiment destiné aux petites et moyennes exploitations de maraichage diversifié. Ce sont la plupart de nos clients.

Pour les grandes exploitations légumières, plus spécialisées, nous travaillons sur un engin plus adapté Dino.  

 

LH : Aymeric, Gaëtan, quels sont les gains en termes de temps et d’argent ? Sur le désherbage, par exemple...


AB / GS Sur la tâche du désherbage en moyenne Oz permet de diviser par le temps de travail et le coût associé à cette tâche.

Agronomiquement un meilleur désherbage a aussi plein d’avantages pour la culture (croissance, ressource en eau et nutriment, plus de soleil, moins de foyers de maladies et de nuisibles…)

 

LH :  Comment travaillez-vous sur l’amélioration de l’autonomie des robots ? Les batteries étaient jugées trop succinctes en termes d’utilisation.


AB / GS  Les batteries les plus performantes permettent d’aller jusqu’à 10h d’utilisation non stop. C’est en général bien plus que nécessaire.Il est aussi possible d’avoir deux jeux de batteries et de les changer en quelques minutes pour que la machine reparte au travail immédiatement.

LH :  Assiste-t-on à une nouvelle révolution industrielle, avec l’avènement de la robotique dans tous secteurs d’activités ?


AB / GS Sûrement oui, mais nous ne sommes pas spécialistes du sujet…

La question plus que les outils industriels (qui n’évoluent pas tant que ça, on les automatise c’est tout) c’est surtout sur les pratiques et l’organisation du travail.

Comment la société va-t-elle fonctionner quand une grande partie du travail sera réalisée par des automates (des robots bien sur, mais aussi des logiciels, pour réserver des billets de train automatiquement, ou pour rédiger un article automatiquement).

C’est une vrai question de fond, de politique et de société, pas seulement une question technique.

 

LH :  La France demeure-elle votre marché principal ? Quels sont les autres opportunités à l'international ?


AB / GS : Actuellement nous nous développons sur le marché Européen. Ensuite les Etats Unis et le Japon semblent des pays très intéressants pour nous.

Mais globalement l’agriculture et les sujets qui y sont liés concernent tous les pays.

 

LH : Nous sommes dans des modèles où l’innovation est de plus en plus « ouverte » (autres publics, intégrer le consommateur final, etc…) comment partagez-vous avec cet écosystème élargi ?


AB / GS : Depuis le début et j’espère pour longtemps encore nous travaillons main dans la main avec nos clients pour la conception, les tests et la validation de nos produits.

 

 LH : Y’a-t-il des partenariats avec des constructeurs agricoles ? Où bien vos robots sont destinés à être commercialisés en marque propre ?

 

AB / GS Pour l’instant nous ne travaillons qu’en marque propre, mais nous sommes ouverts à toutes nouvelles opportunités.


LH : Quels sont les nouveaux robots que vous préparez à horizon 2020 ?   

 

 AB / GS Notre prochaine étape est de proposer à la vente une gamme de robot pour la viticulture comme : Ted 

 

 

 LH : Aujourd’hui, c’est un assistant. Demain, peut-on imaginer que l’agriculteur exploitant n’ait plus qu’à gérer le programme sur les terres de sa propriété et qu’il n’ait exclusivement plus que des robots pour travailler la terre ?

 

AB / GS Pas pour tout de suite non, l’agriculteur agronome, prenant des décision techniques et stratégique à encore pas mal de travail devant lui. Idem pour ce qui est de la main d’œuvre, il y a encore des tâches précises et complexes que l’homme devra réaliser. Mais de moins en moins c’est sur.

 

 LH : Quels sont les métiers que l’on retrouve dans votre start-up ?

 

AB / GS Mécanique, robotique, électronique, agronomie, commerce, administratif et financier, communication.

 

  LH : Vous avez fait une récente levée de fonds de 3 millions d’euros. Est-ce que vous cherchez d’autres entreprises, d’autres investisseurs pour soutenir votre développement ? Dans quoi spécifiquement ?

 

AB / GS Pas pour l’instant non, mais j’espère un jour prochain pour du développement commercial.

 

LH : Qu’est-ce qui vous inspire ? De quel côté de la planète regardez-vous pour anticiper et préparer ce qui va venir en France (innovation, robotisation, etc …)

 

AB / GS Je regarde vers l’extérieur de la planète, j’espère qu’un jour nous ferons des robots pour aller cultiver des légumes sur la lune ou sur mars ;) !

 

LH : Avant de conclure cette interview, un conseil pour les entrepreneurs en herbe ?

 

AB / GS Se lancer et tester le plus rapidement possible. Et travailler de suite avec un client potentiel la boucle.

 


Merci Aymeric et Gaëtan d'avoir accepté cette interview. Et merci à Gwendoline pour la mise en route :)
Pour creuser un peu plus, rendez-vous sur http://www.naio-technologies.com 

Propos recueillis par Louis Hamelin. 

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Commentaires : 2
  • #1

    Nicole Serafini (jeudi, 02 février 2017 02:25)


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